"The YES needs the NO to win..."
Le modèle institutionnel européen combine, de façon évolutive, des éléments d’un système fédéral impliquant un partage de souveraineté, dont l’union monétaire est l’exemple le plus abouti, et des domaines, tels que la diplomatie et la défense, qui relèvent, à ce stade, de la coopération intergouvernementale.
Ce modèle institutionnel a atteint ses limites : celles de la complexité qui l'éloigne des citoyens.
L’Europe a besoin d’un baptême démocratique.
Elle doit être placée au centre du débat public afin de susciter l’adhésion consciente des citoyens.
Pendant trente ans, la construction européenne a été entre les mains d’une avant-garde de techniciens très compétents.
Dès lors qu’il s’agit de donner à l’unification un tour résolument politique, dès lors que l’enjeu ne porte plus sur des questions techniques mais sur le partage de la souveraineté en matière monétaire voire diplomatique ou militaire, ses promoteurs ne peuvent éluder l’épreuve et la sanction démocratiques.
La mondialisation s'est accompagnée de puissants Etats, agglomérations de "nations", comme les USA, la Chine, la Russie, l'Inde. Ce sont les géants de demain.
L'Europe doit tracer son histoire originale et trouver sa place dans le concert des grands pays.
A l'aube du XXIème siècle, la question d'une constitution fédérale et démocratique, à l'image des Etats-Unis au XVIIIème siècle, est posée.
Parce que le citoyen européen a le droit de débattre des questions fédérales (monnaie, défense commune, sécurité et frontières, diplomatie, économie et charte sociale).
Tout corps politique doit disposer de trois pouvoirs séparés, d'une constitution et d'élection au suffrage universel.
Les erreurs du Traité de Nice (2001) et ses conséquences sur notre vie de tous les jours démontrent les nécessités de revoir l'organisation de l'Union européenne.
En tout cas, le mérite de ce désastreux Traité de Nice est qu'il aura déclenché la "grande question."
Le TCE proposé en 2005 fut une mauvaise réponse à un vrai problème. Le Traité de Lisbonne ou "traité-croupion" (2007) n'aura pas davantage de succès, j'espère (un cierge, vite !).
Le NON, au-delà des expressions outrancières de part et d'autre, exprime le besoin d'un texte clair, d'un espace de débats et de décisions démocratiques au niveau européen, dépassant tous les clivages diplomatiques.
Parce que chaque citoyen européen a le droit de débattre et de provoquer l'alternance politique dans l'Etat fédéral "Europe".
Il est bien connu que la conviction sans le pragmatisme se solde généralement par l’impuissance MAIS le pragmatisme sans la conviction a tôt fait de dégénérer en opportunisme.
Le fédéralisme, comme la monnaie unique jadis, ne se compte pas sur l'unanimité des 27 Etats membres (depuis le 01/01/07). Certains Etats de l'Europe de l'Ouest sont prêts au fédéralisme. Le plan B existe (je l'ai rencontré !).
La construction européenne nécessite du LIBERALISME POLITIQUE et de l'AUDACE ! affaire à suivre donc...

08/06/08 - 18:44
L'Union européenne compte 27 États depuis le 1er janvier 2007 ! :)
herminien